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Le scénario de la fameuse Dette Grecque apparait encore plus absurde après les récentes déclarations de l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, reconnaissant une erreur d'appréciation fondamentale de l'impact réel d'une réduction de la dépense publique sur l'évolution de l'économie pour la Gréce, le Portugal ou l'Espagne. Que dire alors de tous ces pays "émergents" qui ont fait l'objet des cures d'ajustement à la même sauce ultralibérale FMI lors des dernières décennies. Cet aveu aurait du provoquer une flambée de revendications universelle et une levée de bouclier de tous les économistes non ultralibéraux dont maints avaient déjà relevé le rôle moteur de l'ultralibéralisme débridé et de la mondialisation dans la formation conjointe de la Crise et de la Dette.

 

  Et pourtant nos médias dominants-propriété, il est vrai, de grands groupes capitalistes-mais aussi nos politiques formatés par toutes ces super institutions hors suffrage, UE, FMI, OMC, Banque Mondiale, G8-20, continuent leurs discours austéritaires sur la Dette, comme si celle ci résultait des dépenses excessives du Ménage-Etat et que ce dernier n'avait d'autres recours que de saigner son pauvre peuple coupable pour rembourser les Créanciers; Le Ménage-Etat n'aurait donc même pas ce recours, pourtant banal en système capitaliste, du défaut personnel ou de la faillite!

 

Cette conception d'un Etat prisonnier de ses créanciers ne manque pas de surprendre dans une époque où l'on agite le spectre du Terrorisme et où les libertés citoyennes sont presque partout contrôlées par des lois d'exception! Les seuls domaines échappant au contrôle de la puissance étatique seraient donc la Finance et ses sanctuaires et paradis fiscaux. Curieuses Démocraties!

 

L'Histoire nous apprend pourtant que la régulation des Dettes a été l'un des moteurs de la constitution des premières Démocraties.

Il est intéressant de rappeler que c'est l'un des fondateurs de la démocratie, le grec Solon, qui, peu avant l’an 600 BC, supprima le servage pour dettes, procéda à une réduction des dettes publiques et privées et amorça toute une série de réformes pour améliorer le sort des petits propriétaires et favoriser les droits des citoyens. Le paradoxe grec actuel est encore plus absurde si on l’observe avec ce recul historique et que l'on pense que ce pays est à la fois celui qui a fondé  les premières monnaies et  inventé le concept de Démocratie.


Ainsi, la barbarie financière est de retour qui a détruit les règlements et lois pour multiplier par plus de 20 la masse monétaire depuis la fin des trente Glorieuses et qui a si bien réussi à pénétrer les esprits que l'on en oublie les prérogatives souveraines d’un état- incontestables s’il est démocratique- droit de battre monnaie et de lever l’impôt, monnaie et impôts étant les deux vecteurs principaux des flux économiques.


On ne peut  mettre sur le même plan une dette souveraine et une dette personnelle; par ailleurs l’idée de mettre en accusation un état endetté qui ferait ou qui a fait défaut-comme la Grèce- est assez grotesque! Car que connait-on des créanciers, qui sont-ils? Des Banques? Lesquelles? Vous aurez bien du mal à les trouver et l’une des rares études sur le sujet a été faite par Natixis. En outre, le montant de ces dettes est largement le fait des intérêts déjà versés dont on peut et doit discuter la légitimité, ces intérêts constituant d’ailleurs la prime du risque de défaut.


On ne peut parler de Dette sans parler Crédit car la Crise qui s’est construite ces dernières décennies est celle d’une société qui continue toujours d’anticiper une croissance infinie alors que nous nous heurtons de plus en plus aux frontières de notre Monde clos; l’accumulation de crédits ne repousse pas les limites de la Planète mais construit une pyramide de Dettes !
Enfin le mythe d’une inflation météorologique, sanction quasi divine d’un défaut d’orthodoxie budgétaire barriste ou pinaysienne est une notion bien mise à mal par les travaux des derniers Nobel d’économie 2011 qui ont épluché dans le détail le dernier siècle écoulé; l’inflation est un phénomène bien plus complexe qui a trait aux rapports de force sociaux, aux régulations, aux conditions de croissance et, pour un pays donné, à la balance de ses échanges; si cette orthodoxie monétariste était si exacte l’hyperinflation aurait du sévir depuis longtemps déjà au vu de la masse monétaire actuelle.

 

Il est néanmoins exact que la masse des 1500 000 milliards de dollars de produits dérivés divers (source BIS) dont la moitié de gré à gré représente une variété d’épée de Damoclès autrement plus inquiétante que la piètre dette grecque. Le Défaut d'analyse reconnu par le FMI devrait légitimer le Défaut de la plupart des Dettes souveraines. La Finance croule davantage sous le poids de ces 1500 000 milliards de dollars de produits dérivés divers qui la mine de l'intérieur.

 

 
Tag(s) : #economie politique