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apocalypse moins trois

apocalypse moins trois

Le bulletin des physiciens atomistes de l’université de Chicago publie depuis le début de l’ère nucléaire, « the Doomsday Clock », l’horloge de l’apocalypse, indiquant l’approche plus ou moins grande de minuit, instant de l’apocalypse finale.

Crise géopolitique majeure : Minuit moins trois à l’horloge de l’apocalypse.

En 2015,  l’horloge s’est avancée subitement de minuit moins 5  (depuis 2012) à minuit moins 3 comme lors de la crise des euromissiles en 1984. Le Bulletin des physiciens évoque pour justifier cette avancée l’aggravation du danger climatique et le haut niveau des tensions USA-Russie, les deux pays « modernisant » et durcissant en outre leur arsenal nucléaire.

Il est vrai que la situation géopolitique mondiale s’est fortement tendue ces derniers mois. Pour faire simple, les quatre cavaliers de l’Apocalypse peuvent être identifiés au Réchauffement climatique, à l’Occident, aux BRICS ou Emergents et au Djihadisme.

Le réchauffement climatique nous menace tous et tous sont responsables mais personne ne veut rien lâcher, qui son niveau de consommation et son mode de vie, qui son aspiration à une vie meilleure et un meilleur partage des ressources.

La Crise de 2008 a mis à mal la domination du Bloc occidental face à la montée en puissance des BRICS ; l’hégémonisme des USA et du dollar est particulièrement menacé par l’énorme déficit américain et les distorsions de son économie. Les deux champions des BRICS, Chine et Russie, veulent prendre toute la place qui leur revient sur les plans économiques et géopolitiques. Comme l’écrivait Brezinski en 1997, un rapprochement UE-Russie-Chine serait mortifère pour les Américains.

 La séquence historique que nous traversons depuis 2007-2008 est marquée par la guerre totale pour maintenir la domination du Monde américain sur le reste du Monde.

Phase 1: cœur de Crise, urgence monétaire, la pluie de dollars sauve les banques et le Systéme.

Phase 2 : guerre des taux des dettes souveraines en Europe. La guerre de l’euro a favorisé en outre un départ massif des capitaux occidentaux placés chez les BRICS provoquant ainsi des difficultés monétaires et financières dans ces pays, particulièrement Inde et Brésil, et des tensions chez les exportateurs. La guerre de l'euro s’est terminée par l'arrivée de Mario Draghi à la BCE en 2011, un ancien de Goldman Sachs proche de la finance US (et de Mario Monti de la Trilatérale Europe à la tête de l'Italie, et du Young Leader Hollande en France)

Phase 3 : crises multiples et révolutions colorées.

Le smart power d’Obama s’ingénie alors à multiplier les points de tension dans le monde : récupération des révolutions arabes et dérives islamistes , tensions en mer de Chine et du Japon et redéploiement massif de la flotte américaine vers l’Asie-Pacifique, tensions en Géorgie, Moldavie, Iran, Russie pour les présidentielles de 2012, Ukraine, Venezuela, Argentine sur la dette des années 2000, Turquie plus récemment en rapport avec la contre révolution Arabe d’Egypte et la situation en Palestine. L’objectif est triple : faire oublier la crise en saturant l’info d’autres crises géopolitiques ou militaires, resserrer les rangs des alliés de l’Otan et freiner les économies des rivaux en relançant la course aux armements avec des systèmes anti-missiles en Pologne, Tchéquie, Roumanie.

  La révolution de Maïdan a fourni aux services américains l’occasion rêvée de planter un boutefeu en plein cœur de l’Europe centrale et de provoquer la Russie. Le chaos induit par la république bananière d’Ukraine a ouvert ensuite le champ de toutes les manipulations possibles et permis à la Propagande occidentale de mettre la Russie au ban des nations.

En Asie-Pacifique, les USA ont redéployé massivement l’essentiel de leur flotte et resserré leurs alliances avec le Japon, l’Australie et la Corée du Sud. La cible est évidemment la Chine qu’il faut à tout prix affaiblir. Ainsi, depuis 2014, de fortes tensions sont apparues avec le Japon et les Philippines à propos des îles et des îlots en Mer de Chine méridionale et, en Mer de Chine orientale, les îles Diaoyu [2] (Senkaku en japonais) que la Chine revendique. Le Vietnam, début mai 2014, a fortement contesté l’installation par la Chine d’une énorme plate-forme pétrolière de la compagnie publique CNOOP, dans des eaux revendiquées par les deux pays.

L’Amérique dispose aussi de relais potentiels d’action dans les minorités indépendantistes au Tibet, et chez les Ouïgours musulmans du Xinjiang déjà à l’origine de plusieurs attentats.

La toute dernière attaque a commencé ces derniers jours à Hong Kong à la manière des révolutions colorées ; le marketing occidental lui a déjà donné le nom de révolution des parapluies et on retrouve la même organisation des étudiants et des franges bourgeoises occidentalisées. C’est un Maïdan allumée en périphérie de l’Empire du Milieu ; les vidéos de ce site montrent bien le marketing de ces révolutions colorées. L'un des porte-parole est un "étudiant" de 17 ans, Joshua Wong, activiste depuis plusieurs années, qui fait déjà circuler une pétition mondiale sur le net et par mail (quel listing? Celui d’Avaaz ?): http://r.mail.wesign.it/mhb5dxftncz0jd.html.

Attaque contre l’inde ?

Du balai!

Du balai!

Le parti d’Arvind Kejriwal, « parti des gens ordinaires », vient de remporter les élections du district de Delhi en surfant sur les thèmes de la corruption et de la pollution avec le balai comme symbolique ; ce parti est issu du vaste mouvement de lutte contre la corruption de 2011 sous l’égide du quasi gourou Anna Hazare, massivement soutenu par Avaaz, qui a du jour au lendemain réuni plus de 500 000 signatures et regroupé la société civile de la nouvelle classe moyenne urbaine connectée.
Un petit goût de révolution arabe colorée à la mode indienne avec même visite du sénateur McCain histoire de déstabiliser les trop sempiternelles alternances ou alliances Congrès-PC à la tête de nombreux états de  l’Inde, l’un des moteurs des BRICS. En tout cas cette présomption d’ingérence américaine a été publiquement dénoncé par les dirigeants du Parti du Congrès comme on peut le lire sur cet article de Radio canada :
https://fr-ca.actualites.yahoo.com/inde-inde-hazare-sort-prison-en-ayant-le-170400056.html
On peut lire d’autres infos sur Hazare, personnage complexe, dans cet article du monde :
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/08/24/inde-un-heros-anti-corruption-qui-galvanise-ou-exaspere_1562679_3216.html

Anna Hazare et Arvind Kejriwal ont d’ailleurs tous deux obtenu dans les années 2000 le prix Ramon Magsaysay, sorte de prix d’excellence asiatique créé en avril 1957 par les administrateurs du Rockefeller Brothers Fund basé à New York en partenariat avec le gouvernement Philippin.

Aux élections législatives de l’été 2014, les 814 millions d’électeurs ont élu le nationaliste Hindou , Narendra Modi, au poste de premier Ministre. L’homme n’a pas hésité à se présenter comme un homme providentiel choisi par Dieu pour sortir l’Inde de ses difficultés.

C’est une « avancée » pour les Américains ; en effet le nationalisme hindou n’aime ni la Chine ni les Musulmans et cela fournit aux USA deux leviers d’action potentiels et Obama, himself, est venu rencontrer Modi en Inde fin janvier 2015. Il semble cependant que Modi soit prêt à jouer sur les deux tableaux, BRICS et USA en attendant de voir comment le vent va tourner.

 

  Tant que le dollar reste la monnaie de référence, la finance américaine peut imposer ses lois à tout état suffisamment impliqué dans le commerce mondial. Les énormes sanctions de plusieurs milliards de dollars contre différentes banques dont la BNP, la relance de l’affaire Youkos par la cour de la Haye et la rançon de 50 milliards demandée à la Russie ainsi que les pressions financières du milliardaire sioniste Paul Singer contre l’Argentine illustrent bien cette impérieuse loi de la Finance US. Les récentes tentatives des BRICS de créer des marchés internationaux en monnaie indépendante du dollar et leur volonté de créer une banque mondiale alternative risquent de mettre à mal l’hégémonisme américain.

Il y a donc actuellement une course de vitesse entre la montée en puissance et en autonomie des BRICS et la volonté US de défendre les privilèges du dollar. On peut rappeler à ce propos qu’une ambition semblable de Kadhafi pour les marchés africains avait précipité le sort tragique de la Libye.

 Le Djihadisme lui se revendique comme Cavalier de l’Apocalypse.

Comme l’a récemment déclaré le juge anti-terroriste Trevidic la religion n’est pas réellement le moteur principal du djihad ; « Ceux qui partent faire le djihad agissent ainsi à 90 % pour des motifs personnels : pour en découdre, pour l'aventure, pour se venger, parce qu'ils ne trouvent pas leur place dans la société... Et à 10 % seulement pour des convictions religieuses. ».

Pour certain le Djihad remplit le vide laissé par la disparition des messianismes révolutionnaires, l’effondrement de l’alternative communiste et comme seule alternative l’hédonisme consommateur occidental et ses cohortes de laissés pour compte. Avec en arrière plan tous ces lambeaux d’Histoire éclatée, Califat Ottoman, colonialisme, Palestine, hégémonisme occidental…

Sur le terrain, le Djihadisme, de plus en plus incarné par l'EI, se nourrit du chaos des vestiges des guerres occidentales en Afghanistan, Irak, Lybie, Palestine, bientôt Syrie. Il s'appuie sur le désarroi des populations malmenées par des régimes corrompus à la solde de la mondialisation financière, populations partagées entre conservatisme religieux et frustration de l'hédonisme consommateur occidental. Enfin il bénéficie des complicités tacites, à des degrés divers, de tous les adversaires du chiisme et de l'Iran et cela fait hélas beaucoup de monde.

Financés directement au début par les émirs du golfe avec la bienveillance de l'oncle Sam, les djihadistes ont servi de supplétifs des "révolutionnaires" syriens ou Lybiens au moins jusqu'en 2013, époque à laquelle nos grands médias ont bien été obligés de reconnaitre leur omniprésence.

"Malik al-Kurdi, le second du général Riad el Asaad, déclare en août 2013 :

« L’ASL n’est plus qu’un nom. Certaines katibas [unités de combattants] s’en revendiquent, mais cela ne veut pas dire qu’elles suivent l’état-major. [...] les groupes, même sous la bannière de l’ASL, font ce que bon leur chante. En outre, beaucoup d’entre eux quittent publiquement ou non l’ASL pour rallier les groupes dits islamistes »

En décembre 2013, l'universitaire Fabrice Balanche indique : « L'ASL n'a jamais vraiment existé. Il y a eu un état-major composé d'une cinquantaine de généraux déserteurs, majoritairement réfugiés en Turquie. On parlait d'armée organisée, ce n'était rien de tout cela, c'était du vent »3.

En février 2014, Le Monde affirme : « Plusieurs brigades, islamistes et non islamistes, continuent [...] de se réclamer de l'ASL, qui désigne désormais plus la rébellion qu'une coalition bien structurée ».

Pour Frédéric Pichon, chercheur et spécialiste de la Syrie, l'ASL n'existe pas et a toujours entretenu des liens étroits avec salafistes et djihadistes. Il précise qu'elle collabore également avec Al Qaïda"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_syrienne_libre

Ainsi, la lutte aérienne contre Daech est elle à géométrie très variable : des raids ponctuels on ne sait-où, à la demande ; des armes aux rebelles modérés ou à l'armée irakienne qui finissent entre les mains de Daech ; par contre la logistique et les circuits de financement restent efficaces ce qui est étonnant compte tenu des moyens de surveillance et d'action des Occidentaux dans la région. Tant que les objectifs de ces différents "sponsors" n'auront pas été réalisés, Daech aura le vent en poupe.

Deux questions, et non des moindres restent en suspens. Quels sont les objectifs réels des uns et des autres et des Américains en particulier? La créature Daech ne risque-t-elle pas d'échapper à ses maitres?

 

 

 

Etat des conflits

L’objet de cette étude est surtout de suivre l’évolution des différents conflits liés aux enjeux USA-BRICS et Djihad. Dans ce contexte, l’activisme militaire et géopolitique des Usa sur l’ensemble du globe depuis l’année 2014 atteint des proportions considérables. Le rapport « Ensuring a Strong Defense for the Future »ne cache d’ailleurs pas cette volonté interventionniste et les cibles désignées. Ce rapport (« Assurer une défense forte pour le futur ») a été rédigé par le National Defense Panel, un groupe d’anciens hauts responsables civils et militaires, missionnés par le Congrès pour fournir un regard critique sur le calendrier prévisionnel officiel du Pentagone, le plan quadriennal de défense 2014. Voici quelques extraits du rapport traduit par mes soins détaillant les menaces principales relevées dans ce rapport :

« Des acteurs de premier plan, tels la Chine, la Russie, la Corée du Nord et l’Iran ont tous développé des munitions de précision et des dispositifs électroniques d’assistance au combat (en matière de communication, guidage, surveillance, brouillage)qui rendent plus difficile pour les Forces américaines d’entrer et d’agir dans des zones qui étaient auparavant relativement sures. Cette menace est particulièrement aigue en Asie de l’Est, avec le système chinois A2AD et ses missiles de croisière de longue portée dont la précision ne cesse de s’améliorer… »

Le rapport préconise en conséquence :

« Nous croyons [...] qu’une capacité à faire la guerre partout est la condition sine qua non pour être une superpuissance et s’avère donc essentielle à la crédibilité de la stratégie globale de l’Amérique en matière de sécurité nationale. Dans le contexte actuel de menaces, les États-Unis pourraient, selon toute vraisemblance, être amenés à mener des actions préventives ou à combattre dans plusieurs régions sur des périodes qui se superposent : dans la péninsule coréenne, dans les mers de Chine orientale et méridionale, au Moyen-Orient, en Asie du Sud, et pourquoi pas en Europe. Les États-Unis sont également confrontés à la possibilité d’avoir à faire face à des adversaires dotés de l’arme nucléaire. »

 

 Le rapport public quadriennal de la CIA « Global Trends 2030 - Alternatives worlds » envisage également des évolutions semblables et décrit un monde dérégulé qui s’apparente de plus en plus en une jungle d’Etats à la recherche de l’intérêt économique maximal et d’alliances de circonstances.

Plusieurs conseillers des agences gouvernementales US pensent qu’il s’agit de la dernière fenêtre d’ouverture pour lancer une offensive contre la Russie : la supériorité militaire technologique US actuelle permettrait de neutraliser les capacités de riposte nucléaires Russes. Les pressions américaines actuelles seraient en fait un moyen de tester l’état réel des forces armées russes. Ce jeu de poker menteur est bien sur éminemment dangereux !

 

On peut rappeler ici l’inventaire 2014 des tensions géopolitiques rédigé dans ce blog et voir leur évolution en 2015 :

Grand Moyen Orient

  • Phase militaire directe aigue en Irak-Syrie et indirecte en Israël (soutien militaire indéfectible)-Liban-Jordanie-Turquie-Pays du Golfe-Arabie Saoudite (pressions sur les soutiens à EI et pour entrer dans la coalition). En 2015, l’EI-Daech occupe une partie de plus en plus grande de Syrie et d’Irak et la coalition bombarde de façon très « ciblée » ; Israël intervient de plus en plus contre l’armée syrienne et apporte une aide médicale et logistique aux islamistes. Le Front Al nosra ( version syrienne d’Al Quaida) devient un interlocuteur « modéré » des occidentaux malgré des alliances locales sur le terrain avec Daech .
  • Les USA ont exercé de grosses pressions pour déstabiliser Erdogan et contrer le rapprochement avec la Russie et le projet de gazoduc Turkish Stream qui devrait passer à travers la Turquie, la Grèce, la Macédoine et la Serbie pour desservir l’Union européenne en gaz russe. Pur hasard, la Macédoine a fait l’objet de  deux tentatives de déstabilisation : « attaques de commandos kosovars » puis ébauche de révolution colorée  http://www.voltairenet.org/article187566.html

A propos de géopolitique gazière, on peut observer que le projet concurrent Nabucco UE-USA, depuis les crises d’Ukraine et syrienne, envisage de remplacer le gaz d’Iran par celui d’Irak et d’Egypte. Le trajet emprunterait alors la zone occupée par l’EI ! Pure coïncidence…

  • Phase militaire directe en Afghanistan, pays d’éclosion d’Al Qaïda sous l’égide de Ben Laden et de la CIA contre l’URSS, où les attentats subsistent malgré les élections « démocratiques » et où 2015 a connu une intensification des combats et des attentats. Le Pakistan mène une véritable guerre dans les zones tribales et subit des attaques terroristes  permanentes ; les drones américains s’y emploient à abattre un maximum de « suspects ».
  • Pressions et soutiens de l’Armée en Egypte (coup d’état de Sissi et féroce répression) et en Tunisie ; les deux pays connaissent des attentats djihadistes meurtriers après les printemps arabes.
  • Ecrasement militaire de la Libye ; le chaos s’est installé et favorise à la fois le développement de réseaux terroristes et des flux massifs de migrants divers vers l’Italie et l’Europe.
  • Phase militaire directe en duo avec la France au Sahel (Mali-Centrafrique-Niger) et au Nigéria ; les attentats se multiplient cependant, y compris au Tchad et les bases américaines et françaises essaient de verrouiller le territoire. Boko Haram fait allégeance à Daech.
  • Pressions sur l’Iran et embargo ; les négociations sur le nucléaire civil semblent évoluer favorablement malgré le blocage français en soutien d’Israël et en conséquence, les dernières évolutions qui voudraient également limiter les armements classiques de l’Iran. L’exemple même de la négociation à tiroirs comme celle de l’UE avec la Grèce !
  • Pressions sur le Soudan et embargo contourné par la BNP sévèrement punie par les USA
  • Phase militaire directe sur le Yémen et la Somalie (drones).La situation au Yémen s’est aggravée et compliquée de par le réveil de la guerre civile récurrente des partisans houthis sur fond de rivalités chiites-sunnites et Iran-Arabie Saoudite. Il est inconcevable que la CIA, très présente au Yémen pour combattre l’importante base d’Al Qaïda, n’ait pas pu anticiper cette révolution Houthiste ; certains pensent même qu’ils ont laissé faire les agents iraniens qui soutiennent les Houthis, voire même qu’ils leur auraient donné un coup de main.
  • La géopolitique américaine est très pragmatique : il est intéressant d’améliorer les relations avec l’Iran pour aboutir dans les négociations sur le nucléaire et obtenir du soutien dans la lutte contre Daech en Syrak ; de façon plus cynique, c’est l’occasion d’ouvrir un nouveau front chiite/sunnite aux portes de l’Arabie saoudite et de contrôler un peu plus ses éventuelles tentations de s’autonomiser de la politique US. Dans la foulée, l’Arabie saoudite a réuni une coalition arabe qui bombarde massivement les rebelles houthistes dans un grand silence médiatique-comme en Ukraine !
  • Base militaire secrète au Burkina Faso coordonnant tous les Services extérieurs US pour l’AfriCom
  • Rôle des Eglises évangéliques pour l’influence américaine en Afrique, Amérique Latine et Asie.

Europe

  • Russie-Ukraine

Les USA ont incontestablement marqué des points en Ukraine car ils ont réussi à installer un gouvernement à leur service sans avoir à manœuvrer de façon trop visible et tout en se prévalant des valeurs de démocratie et liberté. C’est toujours la méthode d’influence des révolutions colorées auprès des étudiants et des bourgeoisies urbaines, révolutions qui se nourrissent du terreau des crises sociales et du rêve américain habilement distillé par la Presse « indépendante » et des officines telles la Open Society Institute de George Soros et la NED.

On peut voir ci-dessous les différentes affiches utilisées par les successeurs des étudiants d’Otpor en Serbie lors des différents mouvements en Eurasie :

Crise géopolitique majeure : Minuit moins trois à l’horloge de l’apocalypse.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Otpor

 

Ils ont mis la Russie dans une position défensive délicate appelée à durer en allumant un incendie à sa frontière même : si la Russie intervient pour éteindre le foyer elle se trouvera ostracisée par tout l’Occident et soumise à des sanctions plus radicales telle l’exclusion du système bancaire mondial Swift (comme le demandait la majorité du Parlement Européen le 17 juillet !) ; si elle se contente de contenir l’incendie avec un simple soutien discret, elle fait le jeu des USA et risque à la longue une déstabilisation interne.

D’autant plus que les attaques US se poursuivent tous azimuts, y compris à l’intérieur, dans la frange urbaine libérale des grandes villes comme lors des présidentielles 2012 à Moscou. Le nouvel ambassadeur US à Moscou est d’ailleurs John Tefft qui n’était rien d’autre que l’ambassadeur US en poste à Kiev, celui qui discutait avec Victoria Nuland (« Fuck the UE ! ») du choix du futur premier Ministre ukrainien ; comme le hasard fait bien les choses on se souviendra qu’il était en poste en Géorgie en 2008 lors de l’invasion de l’Ossétie par l’armée de Saakachvili conseillée par les Américains.

Quand à Saakachvili, poursuivi par les nouvelles autorités élues de son pays depuis 2013 et réfugié aux USA, il vient d’être nommé par PorochenkoBama gouverneur de la province d’Odessa. On se doute bien que ce n’est pas pour favoriser le règlement des tensions Occident-Russie quand on observe que cette province  constitue avec la Moldavie la frontière de la Transnistrie, province russophone moldave se déclarant indépendante depuis les conflits nés en 1991 de la chute de l’URSS. La Transnistrie est soutenue militairement et économiquement par la Russie et depuis 2005 un détachement russe de quelques milliers d’hommes y stationne  pour empêcher un nouveau conflit avec la Moldavie. La situation se complique encore du fait de l’adhésion de la Moldavie au Pacte Oriental européen et d’une revendication assez commune de vouloir reconstituer l’ancienne Moldavie avec la Roumanie. On a donc là une poudrière que Saakachvili n’hésitera pas à allumer à la demande des Américains et au nom d’une saine démocratie.

Les premières manifestations contre la guerre et pour l’Ukraine ont été organisées à Moscou le 21/09 /2014 alors que le fameux oligarque déchu, réfugié en Suisse, Mikhail Khodorkovski, invité au festival du journal Le Monde, se déclare prêt à prendre la fonction présidentielle en cas de circonstances exceptionnelles. Il ne manquera pas d’être soutenu par notre grande presse malgré son passé sulfureux. L’assassinat de l’opposant Boris Nemtsov en février 2015 (imputé vraisemblablement à des mercenaires Tchétchènes qu’on retrouve sur tous les fronts, du Maidan au Donbass contre les russophones, en passant par la Syrie de Daech) et la manifestation qui a suivi auraient pu être l’une de ces circonstances.

Sur un autre front, la cour de la Haye relance l’affaire Youkos et demande 50 milliards à la Russie pour la spoliation des actionnaires- dont Khodorkovski- lors de la nationalisation de sa compagnie pétrolière. La réponse du Kremlim est d’engager des procédures contre un autre oligarque pétrolier Vladimir Evtouchenkov patron de la Holding Sistema qui-sentant le vent d’ouest forcer-essayait de mettre ses intérêts sous « protection occidentale ». A la mi juin 2015, la France et la Belgique ont commencé à saisir des avoirs russes démontrant ainsi leur soumission totale à la géopolitique américaine au détriment de la stabilité européenne.

Washington va s’efforcer maintenant d’allumer d’autres foyers de guerre civile et d’attentats dans les républiques à forte composante musulmane composant la ceinture occidentale de la Russie et dans les Républiques du Caucase en particulier.

En Ukraine, le nationalisme exacerbé du pouvoir de Kiev conduit à des dérapages de plus en plus graves sur les opposants à la politique de force militaire impulsée par l’OTAN contre les séparatistes du Donbass ; les milices d’extrême droite et les ravages de la guerre civile vont interdire de fait une réunification de l’Ukraine et on peut penser que le cessez le feu de Minsk n’est qu’une pause concédée par le pouvoir de Kiev pour réorganiser son armée suivant les conseils de l’OTAN.

Actuellement, jusqu'à fin juillet 2015, se déroule en Ukraine l'exercice militaire international "Rapid Trident". "Le contingent étranger le plus étoffé sera celui fourni par l’armée américaine, avec 562 soldats engagés dans ces manoeuvres, qui seront axées sur la lutte contre les engins explosifs improvisés et les opérations de maintien de la paix et de stabilisation." Cet exercice anticipe-t-il une intensification des combats dans le Donbass alors que les bombardements sur Donetsk ont repris?

Les récentes déclarations du ministre de la défense ukrainien, le Colonel-Général Valery Geletey, lors d’un voyage en Pologne, illustrent bien à la fois l’incompétence et le manque de fiabilité de ce gouvernement ; en effet le ministre a déclaré qu’ils avaient été chassés de l’aéroport de Lougansk car les Russes avaient utilisé des obus à charge nucléaire ! Le propos a été rapidement démenti par le Ministre de l’intérieur qui en a dénoncé vivement tout le ridicule.

L'UE-tout entière-est associée étroitement aux intérêts US par le biais de l'OTAN et par l'architecture du système financier international essentiellement entre les mains de Wall Street. On a vu comment sur un claquement de doigt les Américains peuvent infliger des sanctions de plusieurs milliards à des banques ou entreprises comme BNP ou déclencher des spéculations contre la dette d'un état. Il leur suffit de décréter des sanctions contre la Russie pour mettre à mal l'économie européenne ou interdire à la Bulgarie de participer au projet de gazoduc southstream contournant l'Ukraine ou de s’entendre avec l’Arabie Saoudite pour baisser le prix du pétrole afin de déséquilibrer l’économie russe .

Les dirigeants européens sont actuellement des marionnettes entre les mains d'Obama qui joue habilement sur leurs divisions Nord-sud mais aussi Est-ouest et toutes les autres de ce patch-work de 28 états disparates.

  • Grèce : les USA poussent pour un allègement de la dette grecque, en témoignent le dernier rapport du FMI, les interventions de Krugman et Stieglitz et même une pétition de Avaaz en direction de la chancelière Merkel. Ce soutien des USA s’explique par leur crainte qu’un Grexit ne pousse la Grèce dans les bras de la Russie. Après le Non au référendum, ce soutien US demeure la dernière petite chance pour les Grecs de rester dans l’euro. Additif du 13/07 : c’est bien ce qui s’est passé, au prix d’une vraie mise de la Grèce sous tutelle et d’une austérité qui n’est pas viable ! Rendez vous dans quelques mois !

 

Amérique latine

 

Le Venezuela est déjà dans le collimateur US depuis le coup d’Etat contre Chavez en 2002. Mais cette année 2014, il a fait l’objet d’une grave tentative de déstabilisation suivant le modèle des révolutions colorées et également de l’euromaïdan avec des manifestations étudiantes, l’usage de snipers et l’organisation spéculative de pénuries de certains produits de première nécessité.

L’intervention américaine lors du coup d’état de 2002 a été largement documentée en particulier par l’avocate et écrivain américain Eva Golinger, auteur du best seller : “The Chávez Code: Cracking US Intervention in Venezuela”. On peut trouver quelques unes de ses analyses dans ce décryptage de documents de wikileaks mettant en évidence le rôle de la Colombie et la volonté américaine d’empêcher l’adhésion du Venezuela au Mercosur en 2012.

Le député socialiste Vénézuélien Robert Serra et sa compagne ont été assassinés le 3 octobre 2014 ; Ernesto Samper, secrétaire de l’UNASUR, ancien président de Colombie y voit le signe de l’infiltration du paramilitarisme colombien au Venezuela. Le smart power d’Obama se sert de la Colombie comme fer de lance des USA dans l’Amérique latine. Lors des derniers sommets du CELAC et du Mouvement des pays non alignés, les intervenants ont condamné la politique interventionniste des USA et le dernier décret exécutif considérant ce pays comme une menace grave pour la sécurité des USA.

Le Brésil de Dilma Rousseff, très active dans les BRICS, est une autre cible des USA. Tout comme la zone euro ou l’Inde, le Brésil a du faire face à des difficultés financières et monétaires liées à la fuite des capitaux étrangers après la crise des subprimes.

Les mouvements sociaux qui ont précédé la coupe du monde de football étaient assez atypiques dans le Brésil car issus de la classe moyenne émergente urbaine mais ils n’ont pas pu établir une communication suffisamment claire type « révolution colorée » et qu’il y avait le risque de déboucher sur des émeutes urbaines. Je pense que ce n’est que partie remise pour les futurs Jeux de Rio en 2016.

L’élection présidentielle d’octobre 2014 et l’accident d’avion de l’adversaire de Dilma Rousseff , Eduardo Campos, ont remis en selle la candidature de sa suppléante Marina Silva, proche des manifestants de 2013-2014 et présentée parfois comme l’Obama brésilienne. Le polémiste américain Wayne Madsen évoque la piste d’un accident version CIA pour promouvoir la candidature de Marina Silva, soutenue par G.Soros.

Cette évangéliste, proche des américains, est un pion de choix pour contrer les velléités d’autonomisation du Brésil au sein des BRICS. Finalement , Marina Silva a déjoué les pronostics et n'a pu se qualifier pour le deuxième tour.Le peuple brésilien ne lit pas encore assez les sondages!

Dilma Rousseff a bien été réélue mais outre la piteuse défaite des Brésiliens au foot, elle a du affronter les scandales de corruption autour de Petrobras et la montée en puissance de mouvements sociaux relancés par les réseaux sociaux à la mode « révolution colorée » agitant classes moyennes et bourgeoises avec même des manifs casseroles comme au temps d’Allende. La même méthode s’appliquait au même moment contre Erdogan, coupable de négocier avec Poutine. Dilma Rousseff a du souci à se faire avant le début des JO de Rio ; ça va chauffer dur !

L' Argentine de Mme Kirchner n'échappe pas à la vindicte de Washington et elle est poursuivie par la justice américaine saisie par le fonds vautour NML du milliardaire républicain américain Paul Singer. Ce dernier qui a racheté à très bas prix de la dette argentine faillie des années 2000 réclame des milliards de dollars de dédommagement. L'Argentine a obtenu le soutien de l'ONU pour s'y opposer mais les USA le conteste bien évidemment!

Début 2015 le procureur Nisman accuse C.Kirchner de vouloir dédouaner les Iraniens dans l’attentat contre une association juive de Buenos aires en 1994 ; cette affaire très confuse est exploitée par l’opposition libérale, le procureur Nisman est retrouvé mort, une balle dans la tête. L’opposition organise une vaste manifestation de la « société civile ». Cristina Kirchner dénonce un complot des services secrets en vue de déstabiliser sa politique de rapprochement avec l’Iran et le Venezuela ; elle avait déjà lancé des accusations de ce type à la tribune de l’ONU en septembre 2014 Le déroulement de la crise actuelle avec la sortie d’écoutes téléphoniques à charge (méthode utilisée contre Erdogan avant les présidentielles et les législatives) semble lui donner raison.

Pour mémoire on rappellera la pression constante et l'embargo exercés par les USA sur Cuba. L’annonce par Obama de rouvrir les relations diplomatiques avant le sommet des Amériques espérait faire taire les critiques sur les différentes ingérences US. Peine perdue ! Le sommet a vertement critiqué le décret US contre le Venezuela comme on peut le lire dans cet article qui relève par ailleurs la désinformation médiatique occidentale touchant les états de l’UNASUR.

Le président équatorien Correa dénonce également les manifestations des libéraux et des classes moyennes contre l’augmentation de l’impôt sur les successions ; depuis plusieurs jours, les manifestants occupent les rues et demandent la démission de Correa.

De façon plus générale, le journal mexicain « La Jornada » fait état d’une déstabilisation en cours en Amérique du sud : « Du point de vue régional, le conflit politique équatorien s’articule avec ceux ayant cours dans d’autres pays. Ainsi, un jour après le début des manifestations à Quito et à Guayaquil, l’Argentine à vécu mardi dernier une grève générale convoquée par le syndicalisme-gangster local et appuyée par les grands médias. Comme en Equateur, les opposants au gouvernement argentin ont provoqué une flambée de tension à cause d’une loi qui n’affecte pourtant que les secteurs les plus aisés. On remarque que des manifestations de grande ampleur ont ou ont eu lieu récemment en Bolivie, au Brésil, au Chili, au Honduras, au Paraguay et au Venezuela, en plus des deux pays déjà cités, et que curieusement il s’agit à chaque fois de gouvernements qui ont en commun la volonté de construire leur propre développement de façon souveraine et digne. » Dans ce contexte l’UNASUR a demandé le retrait de toutes les bases américaines de leur territoire et dénonce le fait que « la base aérienne étasunienne de Soto Cano, au Honduras – que l’on appelle également « Palmerola » et qui se situe à 86 km de Tegucigalpa – a reçu ce mercredi le renfort d’une nouvelle unité spéciale. La base de Soto Cano, qui accueille en permanence un effectif de 500 à 600 soldats américains, va voir 250 marines supplémentaires s’ajouter à ces forces. »

Haïti, d'une tout autre manière, est une chasse gardée du bloc USA-Canada par le biais des ONG et de la MINUSTAH et d'une vigilance active des autorités politiques qui doivent rester dans les clous du programme libéral US (exit Aristide).

 

Evolutions probables

Le Grand Moyen Orient semble voué à un chaos comparable à celui de la Lybie, avec sur le long terme une redéfinition des frontières et la création d’états islamistes régionaux.

Les points les plus chauds:

  • Le voisinage de l’Iran pourrait voir l’émergence réelle du Califat sunnite de l'EI et on peut craindre une grande guerre régionale pouvant déraper avec Israël ou le Pakistan
  • Le Maghreb risque de subir de fortes tensions Islamistes et on peut penser que sur le long terme se créera un Califat unitaire sur le nord, comprenant ou non Maroc et Egypte, les deux verrous occidentaux.
  • Boko-Haram est-il l’ébauche d’un califat d’Afrique de l’ouest contrôlant le pétrole local avec un visa US ? On peut le craindre quand on regarde la situation actuelle du Nigeria ainsi décrite dans le blog d’André Ropert sur l’Express : « Prenons l’exemple du Nigeria, gros pourvoyeur de candidats à l’exode, et qui passe non sans raison pour l’un des plus importants détenteurs de richesses naturelles du continent. Ce grand état d’Afrique de l’Ouest affichait en 1960 45 millions d’habitants. Il en avait 115 millions en 1998. Si le taux de 5,7 enfants par femme se maintient, la division « population »de l’ONU projette, pour 2050, une population de 440 millions… et 914 millions en 2100. Malgré ses potentialités, (le Nigéria est un gros producteur de pétrole et de gaz, il dispose de ressources agricoles, cacao, arachide), le niveau de vie décroît, 92% des Nigérians vivent avec moins de 2 dollars par jour, l’espérance de vie ne dépasse pas 45 ans. L’environnement est dévasté : en vingt ans, 55% de la forêt a été détruite, pour récupérer de la terre cultivable ou fournir du bois de chauffage. Les vols de pétrole sur les oléoducs entraînent la pollution permanente du delta du Niger. » Voilà qui décrit parfaitement la double malédiction du Nigéria, celle de l’Afrique prisonnière de la corruption et de la mondialisation libérale et celle du pétrole aggravée encore par la précédente. On comprend que le Djihadisme aura des ressources sur ce terreau là !
  • La Turquie est restée longtemps un carrefour entre deux mondes, l’Occident et l’Orient ; c’est pour cela que l’Occident voulait la fixer à son bloc via l’OTAN et l’UE ; l’intégration européenne est désormais très improbable et les évolutions récentes montrent que la Turquie s’autonomise de plus en plus de la géopolitique américaine et retrouve ses ambitions orientales et eurasiatiques. Le géo politologue  Akhmed Rahmanov  évoque dans le Huffington post les visées turques sur les états d’Asie centrale, visées sous-tendues par le vieux nationalisme pan turc et le prosélytisme islamique des frères musulmans. Très récemment (6/07/2015) des émeutes antichinoises ont éclaté en Turquie suite à des mesures restrictives prises par la Chine à propos du Ramadan en pays Ouigours au  Xinjiang ; les deux gouvernements ont échangé des protestations officielles. Dans cette région on peut donc avoir de sérieuses tensions Russie-Chine-USA-Turquie sur fond d’activisme musulman pan turc.
  • L’Arabie Saoudite et les émirats du golfe seront confrontés à deux problèmes majeurs dans les trente années à venir : la fin de la rente pétrolière, la montée d’un islamisme radical révolutionnaire. Tous tentent de diversifier leurs investissements et en particulier à l’étranger. Lors du dernier Forum économique de Saint Petersbourg, le SPIEF, on a pu voir s’établir de fructueux échanges avec la Russie comme l’indique le journaliste Pepe Escobar « La Maison des Saoud a poliment présenté la rencontre comme une discussion «sur les relations et les aspects de la coopération entre deux pays amis». En fait, sur le terrain, cela incluait la discussion, entre les ministres du Pétrole de la Russie et de l’Arabie saoudite, d’un large accord de coopération; la signature de six accords de technologie sur le nucléaire; et l’Impondérable suprême : Poutine et le sous-prince héritier discutant des prix du pétrole. Serait-ce la fin de la guerre menée par l’Arabie du prix du pétrole? ». L’Iran semble désireux d’établir des relations plus apaisées avec les Saoudiens face à la menace de l’EI et espère profiter de l’accord sur le nucléaire qui se profile pour établir un environnement régional plus coopératif ; cet article du site « Les Clés du Moyen Orient » montre bien à quel point la tâche peut se révéler complexe !
  • Israël reste bien sur l’un des nœuds gordiens de la stabilité régionale ; si l’on ne trouve pas de solutions équilibrées pour la Palestine le nœud gordien ne pourra être tranché que dans le fracas de l’Apocalypse.

 

Crise géopolitique majeure : Minuit moins trois à l’horloge de l’apocalypse.

BRICS-USA

  • La géopolitique de l’Eurasie reste la plus complexe et la moins prévisible. Si l’UE ne se décide pas à jouer son propre jeu sur son continent et à s’autonomiser par rapport à son allié Américain, il est alors très probable qu’elle explosera dans un climat de guerre froide de plus en plus dangereux. Un bloc Allemand, un bloc Français comme aux plus belles époques ? L’attaque géopolitique actuelle des USA en Eurasie est de toute manière vouée à l’échec car les protagonistes centraux, historiques et « naturels » de ce supra continent sont l’Europe, la Russie, la Chine et l’Inde ; les USA n’en font pas partie et seule une conflagration militaire lui permettrait éventuellement  d’imposer une quelconque domination.

De nombreux indices révèlent déjà que de grands rapprochements sont en cours dans la région, même si nos médias de propagande s’obstinent à le cacher.

Au sommet de Rio, les BRICS ont entériné le projet de création d’une Banque indépendante de développement des BRICS.

Le bloc Russie-Chine-Iran que redoutait Brzezinski est en train de se former ;

 Chine et Russie dessinent « Les nouvelles routes de la soie », http://www.mondialisation.ca/les-nouvelles-routes-de-la-soie-redessinent-leconomie-eurasienne/5411353

 

Au sommet de l’OCS, à Douchanbé, se sont réunis en septembre 2014 des représentants d’états eurasiatiques regroupant près de la moitié de l’humanité !

Six pays membres : Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Russie, Tadjikistan, et Ouzbékistan, auxquels se sont ajoutés, en tant que "membres observateurs" : l’Afghanistan, l’Inde, l’Iran, la Mongolie et le Pakistan.

On a vu plus haut qu’au forum économique de Saint Petersbourg une grosse partie de la planète était représentée, Otan exclue. Mais la rencontre la plus importante de l’actualité géopolitique est le sommet des BRICS à Oufa en Russie du 8 au 10 juillet 2015 suivie ensuite par la réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Lors du 7e sommet tenu à Oufa, les Etats membres des BRICS ont annoncé le lancement de la Nouvelle Banque de développement (NBD) des BRICS et d'une réserve d'arrangement de devises (Contingent Reserves Arrangement, CRA).

Les dirigeants de l'OCS adopteront une résolution afin d'entamer les procédures d'adhésion à l'OCS de l'Inde et du Pakistan en tant qu'Etats membres à part entière.

Créée en 2001, l'OCS compte actuellement six pays membres : la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan. L'Afghanistan, l'Inde, l'Iran, la Mongolie et le Pakistan ont le statut d'observateurs, et la Biélorussie, la Turquie et le Sri Lanka sont des partenaires de dialogue.

On observe donc que les grands états de l’Eurasie-hors UE-s’organisent pour mieux harmoniser l’avenir de cette immense région en évitant de tomber dans les pièges que les USA ne manqueront pas de leur tendre pour sauvegarder son hégémonie.

  • Le pouvoir de déstabilisation politique, financier et économique restera fort en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Les cibles de déstabilisation purement politique et économique sont en priorité le Brésil et l’Argentine qui rentreront assez rapidement dans le giron de l’Oncle Sam et du Marché libre et non faussé.
  • Les jours du Cuba des Castro sont d’ores et déjà comptés. Le régime ne survivra pas longtemps à la mort de ses leaders historiques et à des manifestations colorées de la nouvelle société civile ; encore quelques années et Cuba deviendra une alternative aux Seychelles ou à l’Ile Maurice

Ce petit tour du monde ne serait pas complet si on ne rappelait pas le budget militaire colossal des USA-environ 700 milliards de dollars, 40% du total des budgets militaires mondiaux,plus de 1000 bases dont près de 800 à l’étranger.

Dans le même temps les USA procèdent à une remise à niveau considérable de leurs armements nucléaires comme l’analyse le journaliste Manlio Dinucci d’IL Manifesto.

Crise géopolitique majeure : Minuit moins trois à l’horloge de l’apocalypse.

On observe à quel point les bases américaines "controlent" Chine et Russie; il faudrait ajouter sur la carte les interventions militaires en Ukraine et en Afrique (base au Burkina fasso et intervention avec la France au Mali, Niger,,Nigéria, CentreAfrique...)

La Russie selon le rapport préparatoire de l’Assemblée parlementaire de l’Otan améliore également ses capacités de réactions comme on a pu le voir lors de la prise de la Crimée : « La Russie prétend ne pas se livrer à une course aux armements avec les pays de l’OTAN, mais elle admet que cette modernisation vise à réagir à des menaces, telles que la création de systèmes antimissiles balistiques par les Etats-Unis et l’OTAN, la « militarisation de l’espace » et la consolidation des forces de l’OTAN. » On peut comprendre dans ce rapport que la non livraison des Mistral par la France correspond à des choix stratégiques de l’Otan : « Cette industrie ne peut actuellement produire des vaisseaux plus grands, ce qui a conduit la Russie à commander quatre navires d’assaut amphibies polyvalents de classe Mistral (ou bâtiments de projection et de commandement, Landing Helicopter Dock (LHD) en anglais) à la France en 2010. » Le Young Leader Hollande est un vaillant petit soldat du Grand Frère Obama !

En 2014, le budget militaire américain pour l’armée et les opérations militaires s’est élevé à 661,29 milliards de dollars, soit plus de 1,8 milliard de dollars par jour, ou près de 21 000 dollars par seconde !

L’Arabie Saoudite est le pays dont les dépenses militaires ont connu la plus forte augmentation en 2014, soit 17% de hausse. On dit qu’elle achète pas mal d’armes pour le compte des djihadistes de l’EI !

La Chine consacre d’importants budgets à la modernisation de ses forces armées depuis que les USA ont déployé leurs moyens vers la zone Asie-Pacifique ; ses efforts visent à développer ses capacités nucléaires, électroniques et informatiques dans le but d’avoir une réelle capacité dissuasive ; elle a atteint un haut niveau de performance dans le domaine des missiles guidés et développe sa flotte de navires et sous-marins pour sécuriser ses approvisionnements en cas de conflit. Ses dépenses ne sont qu’un peu plus du tiers de celles des USA.

Les documents suivants décryptent l’évolution des dépenses militaires mondiales et les principaux contributeurs.

Crise géopolitique majeure : Minuit moins trois à l’horloge de l’apocalypse.
Crise géopolitique majeure : Minuit moins trois à l’horloge de l’apocalypse.
Crise géopolitique majeure : Minuit moins trois à l’horloge de l’apocalypse.
les montants sont millions de dollars 1990

Conséquence sur les migrations

L’instabilité générée dans le Grand Moyen Orient entraine un afflux important d’immigrés-réfugiés vers l’Europe avec le drame des boat-peoples en Méditérannée. Il est difficile d’avoir des chiffres précis et les évaluations peuvent varier énormément suivant la définition du statut d’émigré et la prise en compte de tous les séjours temporaires ou non. 

Le rapport de Frontex pour 2014 évoque l’arrivée de 216000 migrants en 2014 contre 60000 en 2013 et la disparition de 3500 personnes en Méditerranée. Plus de la moitié sont des réfugiés fuyant guerres ou persécutions comme en Syrie ou Erythrée.

 Le pré rapport de Frontex pour le premier trimestre 2015 recense 62000 arrivées, chiffre record en hausse de 180% par rapport au premier trimestre 2014 ; le maximum d’entrées, 33000, se fait à la frontière Serbie-Hongrie avec des nationaux du Kosovo et majoritairement des syriens et des Afghans. Les demandes de droit d’asile atteignent le chiffre record de 181000 pour ce trimestre, majoritairement pour l’Allemagne, la Hongrie et l’Italie. Les franchissements de frontière à Ceuta et Melilla ont été multipliés par 4 pour cette période.

On peut trouver sur Wikipedia les tableaux des pays présentant le plus fort taux d’immigrés ou le plus grand nombre d’immigrés.

Crise géopolitique majeure : Minuit moins trois à l’horloge de l’apocalypse.
Crise géopolitique majeure : Minuit moins trois à l’horloge de l’apocalypse.

Un dossier du figaro fait le point sur l’immigration illégale dans l’UE pour 2014 avec les données de Frontex ; le tableau suivant donne une vision globale qu’on peut comparer avec l’étude de 2013. Les migrants résidents en UE  et en Russie renvoient 109 milliards € dans leur pays d’origine dont 30% en Europe de l’Est. La Russie est le plus gros contributeur (20 Mds) suivie par le Royaume Uni (17 Mds) et l’Allemagne (14 Mds). Pour certains pays, ces sommes représentent le plus grosse source de devises ; « Les quelque 3 et 2 milliards de dollars reçus respectivement par le Tadjikistan et le Kirghizstan représentent près de 40% et 30% de leurs PIB. En Afrique, les Comores et la Gambie reçoivent ainsi plus de 15% de leur PIB. »

Crise géopolitique majeure : Minuit moins trois à l’horloge de l’apocalypse.
Crise géopolitique majeure : Minuit moins trois à l’horloge de l’apocalypse.

    Au niveau mondial, Wikipedia nous dresse un panorama des migrations:

 « D'après le rapport du Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU) sur les migrations internationales et le développement, remis en 20061, le monde compterait près de 200 millions de migrants.(190 millions en 2000). Un tiers environ se sont rendus d'un pays en développement vers un autre et un autre tiers d'un pays en développement vers un pays développé. En 1965, le nombre de migrants internationaux s'élevait à 75 millions. Rapportée à la population totale, la part des émigrés dans le monde qui était de 2,3 % en 1965 a d'abord diminué durant la première décennie pour ensuite augmenter du fait du ralentissement de la croissance démographique. En 2050, les démographes prévoient 230 millions de migrants pour une population totale de neuf milliards soit 2,55 %. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Migration_humaine

On peut penser cependant que le réchauffement climatique risque d’entrainer de nouveaux flux migratoires liés à la montée du niveau des océans mais aussi aux risques de sécheresses et de désertification dans des zones densément peuplées : Sahel, Maghreb, Bengladesh, inde, Chine.

Les désordres géopolitiques attendus vont encore accroitre la pression migratoire sur l’UE et la Russie.

Le nombre de réfugiés climatiques était de 16 millions en 2011 et de 32 millions en 2012, il pourrait atteindre 200 millions/an en 2050, principalement en Asie et Afrique ; il s’agit principalement de déplacement en interne dans un pays donné vers des zones urbaines mais une partie alimentera les flux migratoires vers l’hémisphère nord.

On peut voir ci-dessous un tableau récapitulatif pour l’Europe des taux nets d’émigration (pour mille habitants et par an) par périodes de 5 ans (dernières données Nations unies en 2012)

http://esa.un.org/unpd/wpp/Excel-Data/migration.htm

flux migratoires nets des pays d'europe

flux migratoires nets des pays d'europe

Evolution à la fin de l'été 2015:

Il y a de grandes manoeuvres géopolitiques en cours dans la zone Turquie-Syrie-Irak. Toujours dans l'opacité voulue par le Smart Power d'Obama.La clé du problème semble en être la position de la Turquie. On a déjà dit la position ambigue de ce pays par rapport à ses ambitions eurasiatiques et par rapport à l'EI et les efforts des USA pour déstabiliser politiquement Erdogan lors des différentes élections. Les Américains ont-ils obtenu des Turcs leur participation à une coalition armée terrestre régionale (Qatar, Arabie Saoudite, Jordanie, Egypte) contre l'EI mais en leur laissant aussi les mains libres pour combattre l'Armée Syrienne, et les combattants Kurdes? Ils bénéficieraient en outre du soutien logistique et de l'appui de l'aviation occidentale.

C'est d'ailleurs quasimment la position française exposée à l'Assemblée par le vaillant Valls hérault du gros Normal Hollande, Young Leader, bouffon d'Obama.

On reparle ainsi d'une zone d'exclusion aérienne (comme en Libye!) ou de protection-ce que demandaient les Turcs- à la frontière turco-syrienne. Les systèmes antimissiles Patriot Allemands et Polonais qui se trouvaient à la frontière viennent d'être enlevés, destination la frontière des pays Baltes. Décidément l'Europe c'est la guerre froide germano-américaine contre Poutine! Les américains ont obtenu l'accés aux bases turques d’Incirlik et de Diyarbakir ; tout semble donc s'accélérer pour un durcissement du conflit-officiellement , toujours contre l'EI-mais sans renforcer Bachar et en privilégiant les "rebelles modérés" dont on a cru comprendre d'aprés quelques bafouillements de Fabius qu'il s'agirait d'AL Nosra (ex Al Qaida au Levant) car, a-t-il dit- sur le terrain, ils font du bon travail!.

Les Russes lancent un contre plan, proposant une coalition concertée sur le terrain incluant Assad et les acteurs régionaux et luttant contre l'EI dans la plus grande transparence; Le Plan est évidemment refusé par les USA qui commencent alors à mettre en cause l'activité militaire russe en Syrie menaçant la paix mondiale. Sur pression américaine la Turquie abandonne le projet Turkish Stream avec les Russes et des pays comme la Grèce et la Bulgarie sont priés d'interdire le survol de leur espace aérien aux Russes. Cela sent le roussi!

D'autant plus que la photo du petit Aylan vient chavirer d'émotion l'espace médiatique mondial et ouvrir le coeur et les frontières de la Chancelière Merkel, provoquant ainsi une vague de réfugiés syriens vers l'Europe.

S'agit-il d'une des dernières étapes du scénario libyen pour la Syrie?

 

 

chocs des images, de Palestine en Turquiechocs des images, de Palestine en Turquie

chocs des images, de Palestine en Turquie

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