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Ours sur la banquise...
Ours sur la banquise...

Le Réchauffement climatique :

Il y a un consensus quasi général sur le changement climatique en cours causé par la hausse des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Les émissions anthropiques de GES dans le monde se sont élevées à 49 Gt*d’équivalent CO2 en 2010. (* 1 gigatonne = 1 milliard de tonnes). Les émissions des six gaz à effet de serre couverts par le protocole de Kyoto ont augmenté de 70% depuis 1970 et de 24% depuis 1990 pour atteindre 49 Gt CO2éq. en 2004.

En 2012, la température moyenne planétaire a progressé de 0,89°C par rapport à la moyenne du XXe siècle. En été, elle pourrait augmenter de 1,3°à 5,3° à la fin du XXIe siècle ; En France, le nombre de journées estivales, c’est-à-dire avec une température dépassant 25°C, a augmenté de manière significative sur la période 1950-2010.

De 1975 à 2004, le PH (potentiel hydrogène) des eaux superficielles des océans a diminué de 8,25 à 8,14 ce qui traduit une acidification lente des océans .

Le consensus scientifique du GIEC est qu’on ne pourra pas éviter une hausse de 2°C à la fin du siècle en cours.

Les GES s'envolent!

Les GES s'envolent!

Et la glace fond!

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/09/12/la-banquise-arctique-a-t-elle-vraiment-moins-fondu-en-2013_3476504_3244.html

La banquise arctique d'été rétrécit à vue d’œil au fil des années.

Quelques données environnementales...

Résultat : on a perdu 3 000 km3 de volume de glaces de mer par décennie entre 1980 et aujourd'hui, selon la climatologue Valérie Masson-Delmotte.

Les glaciers reculent:

Le graphique suivant indique la perte moyenne cumulée (en mètre depuis 1955) en épaisseur des glaciers terrestres et leur diminution moyenne annuelle en cm.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Recul_des_glaciers_depuis_1850

La fonte des glaciers terrestres s'accélère...

La fonte des glaciers terrestres s'accélère...

Emissions de Carbone et population.

Il est intéressant de juxtaposer les deux courbes d’évolution des émissions carbone et de la population mondiale depuis 1800 avec des unités graphiques semblables. On rappelle : 1tec=3,67 tCO²

évolutions comparées de la population et des émissions carbone
évolutions comparées de la population et des émissions carbone

évolutions comparées de la population et des émissions carbone

Remarque : la première perturbation dans la courbe des émissions Carbone correspond à la guerre de 14-18, la hausse se poursuit jusqu’à la forte baisse suivante qui correspond à la crise de 1929. La hausse reprend pendant la guerre de 40-45 et c’est l’après-guerre, avant 1950, qui connait un pic de baisse. On a un nouveau pic de baisse vers le début des années 80 avec le début de la crise de la dette des PVD jusqu’au krach boursier de 1987.

Les deux courbes présentent des allures très voisines avec une croissance un peu plus rapide pour les émissions de Carbone. Les liens entre ces deux grandeurs sont certainement très complexes mais il apparait clairement que leurs croissances sont très dépendantes.

L’historique de la consommation d’énergie fournit un premier lien de causalité

www.avenir-suisse.ch/wp-content/uploads/2010/03/energie_frz.pdf

Quelques données environnementales...

L’axe horizontal est gradué en kilowatt heure Kwh.

EE esclave énergétique correspond à l’énergie durable que peut fournir un esclave d’une puissance moyenne de 60 watt soit environ 1,4 kwh par jour. Cette disponibilité croissante d’énergie au cours du temps s’explique par les progrès des connaissances et des techniques ; elle permet de meilleures conditions de vie et favorise la croissance de la population ; les modifications de l’organisation sociale qui en découlent favorisent alors en retour l’acquisition nouvelle de connaissances et les progrès techniques.

Ainsi, jusqu’à nos jours, population, énergie consommée et émissions de carbone ont suivi des évolutions comparables.

Les étapes significatives de ces évolutions ont été la maitrise du feu, la fabrication d’outils et d’armes de plus en plus efficaces avec la maitrise croissante de la taille des pierres et de l’usage des os et dépouilles d’animaux, l’invention de l’élevage et de l’agriculture au néolithique, l’usage de la force animale, l’apparition des premières cités, l’usage de la force hydraulique et éolienne dès l’antiquité. L’accélération se fera surtout à partir de la fin du XVIII ème siècle avec la machine à vapeur et le charbon ; elle sera amplifiée par la découverte de l’électricité et du moteur à explosion dans la deuxième moitié du XIX ème siècle puis l’utilisation croissante du pétrole surtout à partir du XX ème siècle.

croissance exponentielle de la consommation énergétique!

croissance exponentielle de la consommation énergétique!

Cette croissance n’est plus soutenable

Les matières premières et les énergies fossiles deviennent plus rares et plus difficiles à extraire
le mur de la rareté se dresse juste devant!

le mur de la rareté se dresse juste devant!

Pour les matières premières, les réserves exploitables sont estimées à :

de 5 à 50 ans :

l’indium (In) : utilisé pour fabrication des écrans LCD, écrans tactiles

le gallium (Ga) : utilisé dans les leds d’affichage, les télécommandes infrarouges, les lecteurs/graveurs de

le germanium (Ge) : utilisé dans la Wifi

l’antimoine (Sb) : composant de plaques d’accumulateurs plomb-acide (courant secouru), des semi-conducteurs InSb, GaSb, dans les processeurs, isolant remplaçant le dioxyde de silicium SiO2, sous forme d’oxyde Sb2O3, ralentisseur de flammes dans les matières plastiques

le hafnium (Hf) : les gisements exploitables à un coût admissible seront épuisés en 2018. On le trouve dans les processeurs, isolant remplaçant le dioxyde de silicium SiO2

l’or (Au) : utilisé dans l’électronique au niveau des contacts pour ses propriétés de conductivité,

l’argent (Ag) : conducteurs, interrupteur, contacts

l’étain (Sn) : son succès dans l’industrie électronique est dû à l’abandon du plomb, jugé trop toxique, pour les soudures

le zinc (Zn) : il n’a pas une utilité directe dans les TIC, mais l’indium est un de ces sous-produits

le rhénium (Rh)

l’arsenic (As) : utilisé dans les semi-conducteurs en association avec le gallium

de 50 à 100 ans :

le cuivre (Cu) : il est essentiellement mis en œuvre dans l’industrie électrique et électronique

l’uranium (U) : nucléaire

le nickel (Ni) : utilisé dans les batteries

le cadmium (Cd) : utilisé dans les batteries

le titane (Ti) métal et catalyseur

de 100 à 1000 ans : Cette plage, plus lointaine à l’échelle humaine, présente une grande variété d’éléments parmi lesquels : l’aluminium (Al), le phosphore (P), le chrome (Cr), le sélénium (Se), le tantale (Ta), le platine (Pt), et l’essentiel des lanthanides (autrement appelées terres rares) à l’exception du prométhium (Pm) et du thulium (Tm).

Eric Drezet http://ecoinfo.cnrs.fr/article129.html

Empreinte écologique

http://www.footprintnetwork.org/

En 2005 la surface bio-productive de la terre est de 13.4 milliards d’hectares réparties entre des zones de cultures (crop, environ 1.5milliard ha), de patures (grazing), de forêts, de pèche (fishing) et d’aménagement urbain (built up) ; chacune de ces zones ont des pondérations relatives en fonction de leur capacité biologique exprimée en hectare global (gha).

Le tableau ci-dessous donne la capacité biologique en gha d’un ha de chacune des différentes zones ; les zones d’aménagement correspondent en général à des zones de culture et ont donc le même coefficient. Les coefficients sont tels que le nombre total de gha reste égal à 13.4 Mds ha.

La capacité biologique disponible moyenne par tête est donc de : 1.9 gha

Quelques données environnementales...
Quelques données environnementales...

Les surfaces aménagées mondiales sont de l’ordre de 152millions ha. En France, elles s’accroissent en 10 ans de 8000 km², ce qui correspond à la surface du département de la Seine-et-Marne. Pour le Monde, la croissance est de 20 millions ha/an. http://www.reporterre.net/spip.php?article4116.

Actuellement, les forêts couvrent environ 4 milliards d’hectares, soit près de 31 % des terres du globe. (FAO, 2010b) Sur 5 000 ans, les pertes de terres forestières dans le monde sont estimées à 1,8 milliard d’hectares, soit une perte moyenne nette de 360 000 hectares par an (Williams, 2002). Au cours des dix dernières années les pertes moyennes nettes se situent à environ 5,2 millions d’hectares (FAO,2010b). La déforestation va donc environ 14 fois plus vite ! La déforestation brute (sans compter les plantations) est de l'ordre de 25millions ha/an lors des quatre dernières années, essentiellement des forêts tropicales. 580 t eqC02 sont émises par hectare de forêt tropicale déforestée (combustion et décomposition)

www.fao.org/docrep/016/i3010f/i3010f.pdf

Sur l’ensemble de la surface terrestre (environ 51 milliards d’hectares), la SAU représente 5 milliards d’ha (un tiers de la superficie des terres émergées estimée à 15 milliards d’ha), soit :

  • 3,4 milliards d’ha de terrains de parcours, pâturage;

  • 1,5 milliard d’ha en terres arables ;

  • 140 millions d’ha en plantations diverses (vergers, palmiers, vigne, plantes aromatiques, thé, café...). Wikipedia

L’empreinte écologique mondiale exprime le quotient : demande annuelle/biocapacité globale ; chaque quantité étant exprimée en gha. La demande annuelle additionne les demandes des secteurs suivant : culture (la demande sera inférieure à la biocapacité globale de ce secteur et correspondra à celle des surfaces cultivées effectivement calculées à partir des statistiques de production), pour l’élevage et pour la pèche on s’appuie sur les productions effectives comparées aux productions potentielles, les surfaces aménagées sont estimées en gha avec le coefficient des zones de culture, la production de bois d’œuvre et de bois énergie permet, à partir des rendements moyens ,de calculer la surface nécessaire et son équivalent en gha, l’empreinte carbone consiste à évaluer la surface de forêt nécessaire pour séquestrer le CO2 émis par la combustion d’énergie fossile lors de la fabrication et du transport des produits consommés (une fois déduite la quantité de CO2 absorbée par les océans). On peut lire ici une étude plus détaillée de ces calculs pour la France.

On peut voir ci dessous l’évolution de l’empreinte écologique mondiale depuis 1961 jusqu’en 2005 :

Depuis 1987, notre consommation dépasse les capacités bio-productives de la planète ;

c’est d’autant plus grave que ce calcul de l’EE ne prend pas en compte l’élimination des déchets (autres que le CO²), ni la dégradation des sols, ni l’épuisement des matières primaires, ni les atteintes à la biodiversité, ni la mesure des risques (nucléaire, réchauffement)

population en hausse, forêts en régression...
population en hausse, forêts en régression...
population en hausse, forêts en régression...

population en hausse, forêts en régression...

On peut constater que prés de 4.9 milliards d’habitants d’Afrique et d’Asie Pacifique consomment en moyenne moins que la moyenne mondiale de 1.9 gha pendant que tous les autres consomment plus.

L’Amérique du Nord a multiplié sa consommation par 1,8, l’UE par 1,5, les autres régions sont restées stables lors de ces quarante dernières années.

Les croissances comparées de la déforestation et de la population humaine confirment donc bien les liens de causalité entre démographie et réchauffement.

Analyse de la consommation des ménages et son évolution en France

Dépenses des français.

Dépenses des français.

L’empreinte carbone en France est de 8.8 teqCo2/h

En 2008, l'habitat individuel et collectif (tout compris) occupe 4 % du territoire national, c'est-à-dire 2,3 millions d'hectares, soit environ 855 m2 par ménage soit la moitié des sols aménagés.

En 2008, le parc résidentiel métropolitain compte 32,1 millions de logements, dont 27 millions de résidences principales, constituées à 57 % de maisons individuelles. Le nombre de logements a augmenté de 25 % en 20 ans.
En 2008, il faut 515 logements pour loger 1 000 habitants, contre 323 logements en 1968. 61 % des logements construits en moyenne annuelle entre 2000 et 2007 sont des maisons individuelles, contre 25 % en 1960 et 50 % au début des années 90.

En France, les surfaces aménagées occupent 4.6 millions ha et s’accroissent tous les 10 ans de 8000 km², ce qui correspond à la surface du département de la Seine-et-Marne.

Quelques données environnementales...
Quelques données environnementales...

Dont 100m3/personne/an pour l'alimentation (consommation et production). Il s’agit de l’eau prélevée et non de l'eau totale nécessaire.

Le prix carbone de la bouffe!

Le prix carbone de la bouffe!

Quelques données environnementales...

Au niveau mondial, répartition des emissions de GES par secteurs

UTCF: changement d’occupation des sols et forêts

On constate qu’à l’échelle mondiale, énergie, transport, bâtiments et déchets représentent 50% des émissions.

Agriculture et UTCF comptent pour 31%, l’industrie pour un peu moins de 20% .

On connait les solutions souhaitables pour réduire les émissions de GES pour l’Energie (ENR, nucléaire, séquestration carbone, biomasse, économie), le transport (transport en commun, autopartage, VE, sobriété), les bâtiments (isolation, autoproduction, réduction de taille) , l’industrie (efficacité, durabilité, réparabilité, recyclage circulaire).

Pour l’agriculture au sens large les problématiques sont plus complexes et les solutions impliquent presque la totalité de la biosphère.Les émissions de GES de l'agriculture sont évidemment en lien direct et irréductible avec la démographie ; c'est pourquoi la nécessité d'une agriculture durable constitue l'un des piliers de la cohérence écologique.

La remarque reste en partie vraie pour l'industrie mais elle n'implique pas autant la survie alimentaire de l'humanité!

Agriculture durable

http://www.fao.org/ag/fr/magazine/0612sp1.htm

Problématiques de l’élevage

Un nouveau rapport de la FAO affirme que l'élevage intervient fortement dans le réchauffement de la planète, la dégradation des terres, la pollution de l'atmosphère et des eaux et la perte de biodiversité.

L’élevage est responsable de 18% des émissions des gaz à effet de serre, soit plus que les transports. (9 % des émissions de Co2 par expansion des pâturages et terres arables pour cultures fourragères, 37% des émissions de méthane dues au bétail, 67% des émissions d'hémioxyde d'azote issu du fumier). Le bétail cause à lui seul environ un quart des émissions de méthane, en raison des fermentations intestinales et de la décomposition des excréments. Avec l'augmentation de la quantité de bétail et l'industrialisation croissante de l'élevage, on estime que la production de fumier augmentera de 60 pour cent d'ici 2030. Les émissions de méthane dues au bétail croîtront probablement dans la même proportion.

L’élevage facteur important d’usage et de dégradation des sols. Le pâturage occupe 26 % de la surface émergée de la terre, tandis que la production fourragère requiert environ un tiers de toutes les terres arables. C’est une cause importante de déforestation avec la culture du palmier à huile. En Amérique latine: quelques 70 % de terres boisées de l'Amazonie servent aujourd'hui de pâturages, et les cultures fourragères couvrent une grande partie du reste. 70 % des pâturages des zones arides sont considérés comme dégradés, surtout à cause du surpâturage. 64% des terres cultivables du monde servent à la production de viande (pâturage et fourrage).

L’élevage est un grand consommateur et pollueur de l’eau : Il consomme plus de 8 % des utilisations humaines d'eau à l'échelle mondiale, essentiellement pour l'irrigation des cultures fourragères. Aux Etats-Unis, l'élevage et l'agriculture fourragère sont responsables de 37 % de l'utilisation de pesticides, de 50 % de celle d'antibiotiques, et d'un tiers des charges d'azote et de phosphore dans les ressources en eau douce. Le secteur engendre aussi près des deux tiers de l'ammoniac d'origine anthropique, qui contribue sensiblement aux pluies acides et à l'acidification des écosystèmes.

Les animaux d'élevage constituent environ 20 % de la biomasse animale terrestre totale, et la superficie qu'ils occupent aujourd'hui était autrefois l'habitat de la faune sauvage.

Conclusion : il nous faut réduire la consommation de produits issus de l’élevage

Impact de l’agriculture hors élevage direct

http://www.developpement-durable.gouv.fr/L-agriculture-durable-des.html

En France, seules 45% des masses d’eau de surface sont considérées en bon état écologique et plus de 90% des eaux de surface analysées contiennent des résidus de pesticides. http://www.fao.org/docrep/004/y3557f/y3557f11.htm

La riziculture est l'autre source agricole principale de méthane, et représente environ un cinquième des émissions anthropiques. On prévoit que la superficie consacrée à la culture du riz irrigué augmentera d'environ 10 pour cent d'ici 2030. L'agriculture est également responsable du dégagement de grandes quantités d'un autre gaz à effet de serre: l'oxyde nitreux. Ce gaz est produit par des processus naturels, le lessivage, la volatilisation et le ruissellement des engrais azotés, et la décomposition des résidus de cultures et des déchets animaux. Le bétail compte pour environ la moitié des émissions anthropiques. On prévoit que les émissions annuelles d'oxyde nitreux dues à l'agriculture augmenteront de 50 pour cent d'ici 2030.

> 580 t C02éq. sont émises par hectare de forêt tropicale déforestée (combustion et décomposition).

L'agriculture émet en moyenne, en France : 3t C02éq./an par vache laitière du fait de la fermentation entérique, 0,5 t C02éq./an par porc du fait de ses déjections. (Source : Ademe, Base carbone.)

dégradation des sols

http://www.fao.org/docrep/004/y3557f/y3557f08.htm#TopOfPage

L'étude la plus complète à ce jour, l'Evaluation globale de la dégradation des sols GLASOD, (Global Assessment of Soil Degradation ), date maintenant d'il y a plus de dix ans. GLASOD estimait qu'un total de 1 964 millions d'ha étaient dégradés, dont 910 millions étaient au moins modérément touchés (avec une productivité considérablement réduite) et 305 millions l'étaient fortement ou gravement (devenus inaptes à l'agriculture). L'érosion due à l'eau était le problème le plus courant, affectant près de 1 100 millions d'ha, puis venait ensuite l'érosion éolienne, qui affectait près de 600 millions d'ha.

La salinisation affecte 3 % des terres agricoles mondiales . En Asie de l'Est, cependant, la proportion est de 6 % et en Asie du Sud elle est de 8 %; elle atteint 12% pour les régions tropicales arides et semi-arides en général.

Les pertes nettes de NPK ( azote, phosphore, potasse)en Amérique latine et Caraïbes en 1993-95 s'élevaient à 54 kg par ha et par an. Une autre étude a suggéré des pertes nettes de 49 kg par ha et par an en Afrique subsaharienne. Parallèlement, de nombreux sols se sont appauvris en phosphore indispensable à la croissance des plantes, et en matière organique qui contribue à la stabilité, à la richesse en minéraux, et à la capacité du sol à réguler la teneur en eau.

Les phosphates et potasses d'origine minérale sont des ressources en voie de raréfaction et le phosphore est une ressource dont le cycle est très long ; les engrais verts et les fumiers contiennent du phosphore biologiquement assimilable.

http://ec.europa.eu/agriculture/envir/report/fr/inter_fr/box1.htm

dégradations des terres en Europe , ruissellement sur les versants
dégradations des terres en Europe , ruissellement sur les versants

dégradations des terres en Europe , ruissellement sur les versants

Le schéma précédent montre d'une part dans l'encart, l'effet de l'anthropisation sur la production sédimentaire d'un versant (d'après les travaux de Wolman sur le piémont du Maryland 1t/km² = 0.01t/ha) et, d'autre part, dans le tableau, l' influence du type de culture sur le ruissellement et la perte en terre sur un pente à 5% (inspiré de SOLTNER).

Agriculture et eau

Les Agences de l'eau donnent les chiffres suivants pour les prélèvements d'eau en 2010 en France:

Agriculture 3Mds m3, industrie 2.7Mds m3, énergie 22Mds m3, eau potable 5.5Mds m3 pour un total de 33.1 Mds m3. Les centrales thermiques ne consomment qu'au plus 10% de l'eau prélevée pour le refroidissement La quantité d’eau consommée pour l’énergie est donc de l’ordre de 2Mds m3. Les chiffres de l’Agence de l’eau ne comptabilisent pas tous les prélèvements agricoles ; certains évoquent 5 Mds m3 d’eau chaque année en France dont 60% pour l’irrigation (surtout du maïs) ; un chiffre moyen de 4 Mds m3 pourrait être admis.

L'agriculture consomme donc 27.5% de l'eau consommée et 12% de l'eau prélevée.

13 000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 kg de bœuf, 25 litres d’eau (besoin total pluie et arrosage) pour 1 kg de salade, 100 litres d’eau pour 1 kg de pommes de terre, 400 litres d’eau pour 1 kg de maïs, 1 500 litres d’eau pour 1 kg de blé. (récolte brute non séchée)

L'agriculture, l'élevage et les usages intensifs d'engrais et pesticides sont responsables d'une forte pollution des lacs et cours d'eau dans tous les pays pratiquant une agriculture intensive.En Europe, plus de la moitié des lacs sont eutrophisés par excès de phosphates, 40% des cours d'eau ne présentent pas un bon état écologique et 90% connaissent un excès de nitrates.

http://www.snv.jussieu.fr/vie/dossiers/eau/eaugestion/eauagriculture.html

eau nécessaire par kilo ; débits moyens d'irrigation/ha/an suivant les cas
eau nécessaire par kilo ; débits moyens d'irrigation/ha/an suivant les cas

eau nécessaire par kilo ; débits moyens d'irrigation/ha/an suivant les cas

Le tableau précédent donne les besoins en eau prélevée pour l'irrigation de cultures. .http://www.irrinov.arvalisinstitutduvegetal.fr/irrinov.asp

Que d'eau! Que d'eau!

Que d'eau! Que d'eau!

Engrais, pétrole, énergie dans l’agriculture

L’agriculture consomme 2% de la consommation finale mondiale d’énergie (5,7% en France) en hausse 4 ou 5 fois moins rapide que pour les autres secteurs, industrie, résidentiel, tertiaire, transport.

Bilan énergétique global de l’agriculture française

1. La consommation d’énergie directe de l’agriculture

En 2005 : 3,5 Mtep: (dont 2,8 pour produits pétroliers et 0,5 pour électricité) Consommation stabilisée depuis quelques années

2. La consommation d’énergie indirecte de l’agriculture

En 2005 : 5,7 Mtep: (dont 2,5 engrais azotés, 2 matériels et bâtiments, 0,7 fabrication aliments bétail, 0,5 phytos)

Consommation d’énergie totale: énergies directes + indirectes = 9,2Mtep/an soit : 5,7 % de la consommation d’énergie finale (161Mtep/an)

matériels bâtiments : 21.7%, engrais : 27.2% produits pétroliers : 30.4%, fabrication aliments bétail : 7.6%, phytos : 5.4%, électricité : 5.4%, divers 2.3%

3. Les IAA consomment 5,3 Mtep d’énergie directe en 2006 (industries agro alimentaires)

On peut rappeler quelques valeurs énergétiques de quelques éléments, intrants ou produits de l’agriculture

efficacité énergétique de différentes exploitations: la plus économe est plus efficace!
efficacité énergétique de différentes exploitations: la plus économe est plus efficace!

efficacité énergétique de différentes exploitations: la plus économe est plus efficace!

Dans le tableau précédent, les unités énergétiques sont en équivalent litre fuel EQF. L’ agriculture intensive a de meilleurs rendements mais une moins bonne efficacité énergétique.

Consommation moyenne des intrants par exploitation (2006) en France

7 800 l de fioul (environ 100 l/ha SAU) Mais 12000l en grandes cultures, 21 900kwh d’électricité, 4500kg N achetés et 1500kg de P et K, 275 t d’aliments concentrés et 110t de fourrages.

La production d'un kg d'azote pour les engrais requiert l'énergie équivalente de 1,4 à 1,8 litres de diesel. Pour un ha de maïs intensif, il faut 200kg azote donc 300l de pétrole.

La consommation énergétique totale moyenne est 0,50 tep/ha, ou 630 équivalent litres de fioul (EQF)par ha, avec des extrêmes allant de 75 EQF /ha à plus de 3000 EQF/ha pour des exploitations avec un élevage hors sol. La moitié des fermes étudiées consomment moins de 550 EQF/ha.

Les données suivantes sont extraites du rapport "Nous mangeons du pétrole" de Dale Allen Pfeiffer.

A présent, les humains se sont appropriés environ 40% des capacités de photosynthèse de toutes les terres. Aux USA, c'est plus de la moitié de l'énergie capturée par photosynthèse. Le total d'énergie consommée par l'agriculture aux USA est trois fois le montant de l'énergie solaire collectée sous forme de produits forestiers ou de récoltes. Les USA consomment annuellement 40% plus d'énergie que le montant total d'énergie solaire capturée en un an par toute la biomasse des USA. L'Amérique du Nord utilise par habitant cinq fois plus de carburant fossile que la moyenne mondiale.

L'agriculture consomme 85% de toutes les ressources américaines en eau douce et

40% de l'irrigation viennent de nappes phréatiques.

La grande nappe Ogallala qui fournit l'eau pour l'agriculture, l'industrie et les foyers des états du sud et du centre des USA est exploité à 160% de son taux de rechargement. La nappe d'Ogallala deviendra improductive d'ici quelques dizaines d'années.

Les pays industrialisés avec 26% de la population mondiale utilisent 56% des ressources alimentaires.

Aux USA, 730 kg d'équivalent pétrole sont dépensés par an pour nourrir chaque Américain (données de 1994).

Quelques chiffres divers:

De 7 à 16 kg de céréales ou de produits végétaux sont nécessaires pour produire 1 kg de viande.

Il faut 5 kg de poissons pour produire 1 kg de farine ; il faudra 5 kg de cette farine pour 1 kg de viande. Donc 25 kg de poissons pour 1 kg de viande !

Une ferme de saumons de 8 ha aux USA produit autant de déchets qu’une ville de 100.000 habitants.

La consommation mondiale d’engrais de synthèse est passée de 7 millions de tonnes en 1945, à 53 millions de tonnes en 1968, et atteint 150 millions de tonnes par an aujourd’hui.

500 pesticides différents sont employés dans « l’industrie culture » : 1.5 à 2 tonnes / par ha / par culture / par an, en Europe.

En 1997, la quantité d’antibiotiques utilisée dans l’Union européenne s’est élevée à 10.493 tonnes.

Les excréments de bétail représentent 110 tonnes par seconde pour les USA et l’Europe : cela entraîne 50% de toute la pollution des nappes phréatiques du monde.

Quelques données "carbone" et énergétiques

Transport de 1 000 km (environ un aller retour Paris-Amsterdam) =

> 0,21 t CO2 en voiture (moyenne française), soit 213 g C02/km*.

> 0,31t C02éq. en avion (au taux de remplissage de 75%).

> 0,07 t C02éq. en train.

Production et consommation d'électricité

Une centrale-type d'une capacité de 250 MW fonctionnant en base (8 000 h/an) émet :

> 1,7 Mt C02/an pour une centrale à charbon avec un taux d'efficacité thermique de 40 %.

> 0,72 Mt C02/an pour une centrale au gaz avec un taux d'efficacité thermique de 55 %.

> 1,5 t CO2/an sont émises par la consommation électrique d'un ménage européen pour
le secteur résidentiel.

Industrie

Une aciérie-type produisant 1Mt d'acier par an émet en moyenne :

> 1,8 Mt CO2/an pour une aciérie de la filière classique .

> 0,5 Mt C02/an pour une aciérie de la filière électrique (refonte de déchets)

Parmi les autres industries émettrices de CO2 :

> 0,35 Mt C02/an pour une cimenterie-type produisant 500 000 t/an

> 0,09 Mt CO2/an pour une verrerie-type produisant 150 000 t/an

. Source : Ademe, Base carbone. 2. Source : AIE. 3. Source : Commission européenne. 4. Source : Cernent Sustainability Initiative. 5. Source : Fédération des cnambres syndicales de l'industrie du verre. 6. Source : Giec. 7. Source : Citepa.

deux estimations des coûts de production électrique
deux estimations des coûts de production électrique

deux estimations des coûts de production électrique

L'édition 2010 des Coûts prévisionnels de production de l'électricité par l'OCDE donne le prix en dollar par Mwe installé efficace ramené à la durée réelle de fonctionnement sur la durée de vie ; l'étude ne prend pas en compte les centrales de remplacement pour la compensation de l'intermittence ni les coûts éventuels de renforcement de réseaux pour l'éolien..

InformaTIC hors sol?

Une nouvelle "mode" apparait dans nos médias à la remorque des écrits de Jeremy Rifkin et nous portant vers l'univers fantasmatique de l'imprimante 3D version mise à jour de la Lampe d'Aladin.

Le monde merveilleux du numérique et ses techniques, via l'imprimante 3D et les Energies Renouvelables, nous permettraient ainsi d'accéder à une économie de l'abondance, auto- construite, autogérée, autosuffisante, sans pollution ni impasse énergétique... Plus vert que Vert! Malheureusement cette économie hors sol, hors réel n'est même pas une utopie, simplement une illusion.

Le numérique, au sens large, informatique, réseau internet et téléphonie, big data, serveurs, le Cloud au sens large ou TIC (ICT en anglais), consomme déjà d'énormes quantité d'énergie. La consommation électrique mondiale annuelle des TIC est estimée à une valeur proche de 1500TWh, soit près de trois fois la consommation électrique totale de la France (490 TWh).

Le graphe suivant compare en prospective les évolutions des consommations mondiales d'énergie électrique annuelle pour les TIC, l'éclairage mondial et les VE (véhicule électrique).

cloud et TIC...Energie que l'on ne veut pas voir!
cloud et TIC...Energie que l'on ne veut pas voir!

cloud et TIC...Energie que l'on ne veut pas voir!

En 2035, les évolutions tendancielles donneraient une consommation annuelle pour les TIC voisine de 6000 TWH soit trois fois plus que la consommation annuelle estimée de 200 millions de VE!

Alors, la Transition énergétique?

Après tous ces constats hors jugement moral ou éthique, on ne peut se contenter de dire:

On trouvera bien quelque chose qui nous permettra d'élaborer des solutions, genre imprimante 3D à tout faire, ou miracle de la fusion froide aujourd'hui bien en panne ou ENR à tout bout de champ et agroécologie et isolation avec emplois verts à la clef...

Ou bien, ne rien faire, carpe diem et Dieu reconnaitra les siens!

Il ne peut y avoir de solutions globales miracles à l'échelle mondiale si ce n'est d'abord une prise de conscience croissante du problème qui va déjà toucher durement les jeunes générations en cours car outre le réchauffement climatique nous sommes rentrés dans une longue phase interglaciaire de réchauffement progressif et de recul des glaces.

C'est à chacun de prendre ses responsabilités, de s'informer, d'informer, d'avancer, un pas après l'autre dans la transition: je chauffe moins, je prends plus les transports en commun, je parle plus avec mes voisins, je me déplace moins, j'achète responsable, local, j'évite les gadgets, la surconsommation, je fais durer et réparer les objets, je m'informe sur les choix politiques et syndicaux, je milite, je vote pour celui qui me propose le plus de solutions locales à l'échelle du territoire national, qui rejette compétition et dumping fiscal ou social et prône solidarité et lien social. Nous devons élire des politiques responsables et courageux, ouverts au dialogue et aux inévitables compromis de la transition.

Car on ne pourra pas tout faire d'un seul coup : il faudra sur le terme réduire la consommation de fossiles mais progressivement, tant qu'on pourra le faire économiquement. Je ne pense pas que la mondialisation dérégulée permette une transition réelle.

L'objectif premier c'est la prise de conscience individuelle puis le début du changement comportemental.

Le deuxième objectif se situe au niveau de l'Education à tout niveau: porter la prise de conscience, discuter, impulser le changement à l'Ecole, au Lycée, à l'Université, dans l'Entreprise...

La transition devra être également démographique et politique ; là aussi nous sommes chacun au premier rang; Nous ne pouvons pas toujours demander qu'aux autres de changer en distribuant les bons et mauvais points.

Bien sur que l'agriculture dans son ensemble doit évoluer, il y a encore trop d'émissions de polluants, trop de gaspillage d'eau. Mais les agriculteurs ont déjà fait beaucoup d'efforts dans l'efficacité énergétique, dans l'évolution des pratiques ; le passage à de nouvelles méthodes d'agroécologie doit être impulsé par un réel accompagnement. C'est à chacun aussi de modifier son régime alimentaire en consommant moins de viande mais de meilleure origine et en recherchant les produits locaux de saison. Nous devons éviter surtout de radicaliser les positions en ostracisant et en jetant des anathèmes contre les agriculteurs productivistes ou autres Agrobusiness.

Le troisième objectif doit être une alternative politique radicale dans ses objectifs mais évolutive et adaptable dans sa démarche en y intégrant les compromis nécessaires.

Radicale, car elle doit se donner des objectifs de régulation stricte et équilibrée des échanges internationaux, de réduction progressive des consommations, d'une éducation à l'harmonie et la compatibilité écologique ainsi qu'à la participation et l'autonomie citoyenne, d'établir une véritable démocratie participative citoyenne redonnant au peuple et à sa représentation tous les pouvoirs souverains ainsi que l'accès libre aux Biens Communs.

Adaptable, évolutive, car la culture du dialogue ouvert, du consensus évolutif doit être privilégiée : On sait que l'on ne pourra pas fermer toutes les centrales nucléaires d'un claquement de doigts ; alors au lieu de se cliver entre pro et anti-nucléaires, voyons quel peut être le mix énergétique possible.

Ne rêvons pas sur de futurs gisements d'emplois verts qu'il suffirait de décréter en installant des champs d'éoliennes en mer et en rénovant à tour de bras le parc immobilier! La réalité est toujours plus complexe.

Lors de la discussion à l'Assemblée Nationale l'argumentaire de la rénovation des logements précise bien:

"La rentabilité des travaux d’amélioration de la performance énergétique varie fortement selon le type de bâtiments étudiés, l’énergie principale de chauffage (le cas de l’électricité étant plus intéressant) et sa localisation géographique, notamment les opérations dans les zones le plus chaudes du territoire s’avèrent moins rentables. Par ailleurs, les travaux sur les bâtiments déjà isolés, même faiblement (construits entre 1975 et 1990), ne permettent pas de réaliser des économies d’énergie substantielles car on constate que ce sont les premiers centimètres d’isolants qui génèrent une différence de consommation notable. Ainsi, la mesure sera particulièrement intéressante pour les bâtiments non isolés très déperditifs, tels que ceux construits entre 1948 et 1975, voire jusqu’en 1988...

Le chiffre d’affaire supplémentaire des entreprises pourrait s’élever théoriquement jusqu’à 950 millions d’€ à comparer aux 42 milliards d’euro de chiffres d’affaire pour le marché de l’entretien rénovation dans le secteur du logement en 2012 (+2 à 3%)"

On voit donc bien que le fameux gisement d'emploi n'est qu'à la marge des 42 Milliards déjà existant!

Les emplois verts seront donc plus à rechercher dans l'innovation sociale et technique, dans la relocalisation de productions et d'échanges ainsi que dans l'économie solidaire et sociale.

Il n'y a pas de chemin tout tracé, il nous faut d'abord avancer, chacun, puis tous ensemble!

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